De Nantes à … Basse-Terre

Il faut parfois descendre de nos tribunes et aller voir en bas ce qui se passe.
Aller voir certes, mais aussi écouter.
L’expérience qui est d’assister à une messe au milieu de l’assemblée, dans l’église où nous servons habituellement est extrêmement enrichissante. De même que proposer aux chantres ou aux prêtres de venir à nos côtés durant une célébration afin qu’ils puissent découvrir ce que nous percevons (ou pas !) de la cérémonie est une expérience à proposer.
Chacun y fera des découvertes précieuses et permettra aux acteurs de la liturgie de mieux se connaître et de partager les difficultés pour mieux les résoudre s’il y a lieu.
Dans un certain nombre d’églises se trouvent parfois un harmonium
ou un orgue de chœur.
Ce dispositif est apparu tardivement, au XIXe siècle.
En effet, après la tourmente révolutionnaire et le Concordat, l’outil musical des églises est bouleversé : maîtrises dispersées, bibliothèques musicales détruites ou pillées, perte des
transmissions des savoirs et coutumes locales. On bricole avec ce que l’on a, pour célébrer le plus dignement possible.
Un certain nombre de réformes musicales vont apparaître au
niveau du chant. Les pratiques ne sont plus les mêmes. D’autre part, des écoles de musique apparaissent ; certaines comme l’École Niedermeyer puis, plus tard, la Schola Cantorum
vont, dans le domaine de la musique religieuse, former des organistes, maîtres de chapelle, compositeurs etc. Ceux qui en sortent ont un niveau de compétences très élevé. Et n’oublions
pas l’Institution des Jeunes Aveugles.
Le répertoire musical va complètement se transformer, d’autant que les orgues changent avec les nouveautés introduites dans la facture d’orgue depuis les Callinet jusqu’à Cavaillé-
Coll. L’arrivée de la boîte expressive et de nouvelles technologies et dispositifs mécaniques, vont permettre l’arrivée d’un nouveau répertoire.
L’apogée se fera avec l’arrivée des messes solennelles à deux orgues.
La mission du grand orgue va s’en trouver modifiée. L’orgue de chœur progressivement, et comme son nom l’indique, prendra en charge tout ce qui concerne… le chœur aux deux sens du
mot ! Naîtra alors un nouveau métier, celui d’organiste de chœur.
Et là où l’on ne peut en avoir un, on installera parfois un harmonium, dont les facteurs feront leur publicité sur l’expression que permet ce nouvel instrument (1).
Vous trouverez ici et sur ce sujet précis, de précieux renseignements sur quelques orgues de chœur dont celui de Versailles et celui de Nantes qui est le plus grand orgue de chœur de France.
Il faut aussi des témoignages sur ceux qui les jouent : Eric Leroy à Saint-François Xavier (Paris) et Yves Castagnet infatigable accompagnateur avec ses confrères, à Notre-Dame de Paris,
où la tradition de l’orgue de chœur est bien ancrée et où l’on peut percevoir les différents aspects de ce métier si particulier et tellement exigeant.
Sans nous éloigner tout à fait de Notre-Dame, allons donc en Guadeloupe, dont l’évêque Monseigneur Riocreux, est l’ancien Recteur de la cathédrale métropolitaine, vous pourrez en savoir un peu plus sur un orgue particulièrement adapté au climat du lieu où il chante, c’est celui de Basse-Terre, conçu et réalisé par Bertrand Cattiaux. Allez donc voir son plumage sur Internet (pas celui de Cattiaux, celui de l’orgue !).
La première œuvre que vous allez trouver derrière cette page est une œuvre de Jean Huré (1877-1930), organiste oublié dont le dernier poste fut de succéder à Gigout à Saint-Augustin. Il a écrit de magnifiques pièces quasiment jamais jouées pour tous les dispositifs possibles : orgue, voix, musique de chambre (dont un quintette magnifique), symphonies, opéra et des
écrits savants à redécouvrir.
Que les fêtes pascales vous aident à célébrer avec vos instruments, la fête des Grandes Eaux où l’on passe de la mort à la vie pour exulter de joie, que l’on possède un ou deux orgues…
L’organiste est au service de cette annonce.
Ce n’est pas rien !

Dominique Joubert
Diacre permanent et organiste titulaire de la Cathédrale de Valence

Note :
1) Il faudrait d’ailleurs s’intéresser à ce mal aimé pour en faire un inventaire sérieux et une sauvegarde, car des pépites dorment parfois au fond des églises ou des sacristies.


Catégories : Préludes

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