Dans le numéro de janvier dernier de Préludes nous vous présentions un livre de Michel Chauvin : « Journal d’un organiste de campagne ». Le 29 juin Michel nous a quitté. Nous aimerions lui rendre un hommage en publiant des témoignages écrits par des amis et des proches. Nous publierons également deux pièces que Michel souhaitait écrire au printemps dernier pour Préludes. Il a été enterré à Frossay le 6 juillet, paroisse au sein de laquelle il a œuvré la plus grande partie de sa vie.

Marie-Agnès Delaunnay a lu le mot d’accueil de la célébration. C’était une amie de longue date, elle transcrivait ses musiques, l’accompagnait à l’abbaye d’Échourgnac ou encore à celle de Landévennec.

« Michel, homme de la lumière, justement parce qu’il ne la voyait plus de ses yeux… homme de la mémoire qui, telle la Vierge Marie, retenait tout événement et toute rencontre dans son cœur pour les élever en prière… homme de l’acceptation dans l’espérance, pour qui l’optimisme était une seconde nature, puisque « tout est grâce »… homme des psaumes, qu’il citait et récitait par cœur, qu’il priait de sa voix et de ses doigts sur les claviers de l’orgue… homme des béatitudes enfin, celles qui parlent de l’humble qui est heureux de croire sans avoir vu, car alors, comme il le disait si bien, avec une pointe de malice : « Tout va bien, j’ai une petite longueur d’avance »… Sa musique aux harmonies inhabituelles pouvait surprendre, mais elle ne laissait personne indifférent : elle était à l’image de l’Évangile, bousculant le monde qui a des yeux mais ne voit pas. Michel a choisi de se tenir sur le seuil, entrant dans la maison de son Dieu à l’aube de la solennité des saints Pierre et Paul, patrons de notre Diocèse qu’il a fidèlement servi durant 60 années. Désormais… il voit. »

Plus secrète que la sève

Au cœur du fruit qu’elle éveille…

Tu es sainte, Vierge Marie : Brûlant effacement

Que le Roi change en gloire d’élection.

Ce Dieu amant Épouse en toi le monde.

Plus limpide qu’une aurore

Où le printemps vient d’éclore…

Tu es pure, Vierge Marie : Cristal si transparent

Qu’à travers toi ton Dieu se laisse voir.

Bleu firmament Au fond de la mémoire.

Plus légère qu’une graine Au vent de l’Esprit qui essaime…

Tu es belle, Vierge Marie :

Musique où Dieu se prend,

Émerveillé de ton Magnificat.

Que notre chant Uni au tien l’exalte.

Frère Gilles Baudry

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