« Venez, crions de joie… »

Bonne année à tous, chers organistes !

Au début de cette année nouvelle, laissez-moi vous présenter, au nom de Préludes et de l’Anfol, nos vœux, avec l’incipit du psaume 94 que l’on appelle, dans la Liturgie des Heures, « invitatoire ».
Voici ce qu’en dit une bénédictine, sœur Marie-Paule Somville sur le site « Liturgie catholique » : Le psaume dit « invitatoire » ne peut être envisagé seul, il fait partie de l’introduction de l’office qui ouvre la journée (lectures
ou laudes), ce qui nous invite (d’où le nom) à entrer dans la prière, ce qui nous invite à nous tourner vers Dieu dès le lever du jour. « Venez, crions de joie pour le Seigneur ! »

Chers organistes lecteurs, criez-vous de joie ?
Votre mission est-elle féconde ? On ne va certes pas commencer cette nouvelle année avec les mêmes lamentations sur la musique à l’église et la pitoyable qualité de bon nombre de chants : tout le monde le sait… sauf l’Église elle-même, dont personne ne sait ce qu’elle veut.
Pourtant ça et là, de petites pousses prometteuses montrent le bout de leur nez. Des réalisations concrètes sont mises en œuvre, on entend parler (rarement certes !) du chant grégorien sans déclencher de pugilat.
Et ne parlons pas de la nouvelle jeunesse des concerts d’orgue, de plus en plus fréquentés et appréciés. Notre instrument a le vent en poupe, et voilà de quoi crier un peu de joie… même avec un peu de modération !

J’ai la chance, en tant que diacre et organiste de pouvoir être au service soit depuis les claviers, soit à l’autel. Et l’on n’a pas du tout la même perception du service de l’orgue. Hier par exemple, comme diacre, j’ai gravi la montagne pour rejoindre la communauté des dominicaines de Chalais. Bien évidemment, durant la célébration mon oreille traîne toujours vers ce qui se passe à l’orgue, attentif aux introductions des chants, du tempo etc ! Mais, absorbé par la distribution de la communion, je n’ai pourtant pas « entendu » la pièce qui a été jouée !
Les célébrants sont totalement occupés au service et on comprend ce que signifie la phrase : « la musique seconde la liturgie ». En effet, au chœur, on n’est pas tout à fait libre pour écouter la musique comme on le fait au concert pourtant, depuis le sanctuaire, on sent combien elle porte la prière et combien elle complète la célébration et aux moments requis,
mener au silence (1).

A propos de célébration, ici vous trouverez des outils sur la Liturgie des Heures. Vous le savez sans doute il y a les Grandes Heures et les Petites Heures. Nous autres organistes, sommes plus habituellement à l’orgue pour les vêpres. Il est important de bien en connaître le déroulement et d’avoir pris soin de consulter les psaumes (avec ou sans flexe), le rôle des petites étoiles à l’intérieur des phrases et assurer l’alternance schola-assemblée, sans oublier les « Gloire au Père » ou « Rendons gloire au Père » en fonction du nombre de stiques, sauf au Cantique !
Non rien de vraiment compliqué : il faut juste un peu de préparation et de concentration. Et pour les vêpres solennelles, l’orgue à toute sa place entre les psaumes pour prolonger la prière tout en préparant le ton de l’antienne suivante.
Bref parcourez Préludes, tout y est ou presque, même les Vêpres de Chausson.
A ne pas jouer en pantoufles.
Évidemment !

Dominique Joubert
Diacre permanent et organiste titulaire de la Cathédrale de Valence

Note
1) Ce qui remet en cause les habitudes de certains célébrants (ou
non !) mal élevés, qui coupent la parole à la musique…


Catégories : Préludes

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